Maggy Flynn et l’Abris-thé

Vous vous souvenez de Maggy Flynn? Je vous l’avais présentée alors qu’elle tenait la freeperie et adoptait temporairement une corneille.

La revoici un an et quelque plus tard, nouvellement maman et toujours soucieuse d’animer sa vie de quartier à sa manière.

Dernièrement, cette volonté a pris forme sous le concept douillet de l’Abris-thé.

« Ça fait plus qu’un mois que l’abribus à côté de chez moi est condamné à cause des travaux sur la rue. Moi je voulais le transformer en un lieu calme, où on peut aller se reposer des bruits de la ville, boire du thé ou du café, et peut-être rencontrer des gens dans la même quête! Alors je vais le décorer lundi prochain, et faire un café-causerie à l’intérieur, je pense. Tu seras là ? »

***

Lundi 25 octobre,  milieu d’après-midi. J’oublie vite la grisaille et la fine pluie à la vue de cette affiche:

Maggy, son copain Philippe, la petite Mila et leurs deux chiens accueillent les visiteurs.

Habillée chaudement sous le tablier de son arrière grand-mère, Maggy me sert un café. Je m’installe sur un coussin et me détends à l’écoute d’une trame sonore de chants d’oiseaux et autres bruits de la nature.

Je demande à Maggy de quoi les gens avaient discuté pendant le café-causerie.

– Ah, j’ai laissé faire, je voulais pas leur imposer ça. Ils me parlent de ce que ça leur tente de parler.

Éventuellement, je rencontre Feize, qui en a justement long à dire.

Il est séduit par l’Abris-thé et me donne la mission d’écrire un article sur Maggy; pour ce faire, j’ai droit à un cours de journalisme et de relations publiques 101.

La séance terminée, il annonce à Maggy  que je vais lui poser «toutes les bonnes questions». Je sens une certaine pression soudainement. Je décide d’attendre un peu avant de débuter l’entrevue.

J’observe avec étonnement que beaucoup passent devant l’abribus en continuant leur chemin, sans réaction particulière. Une fille s’arrête pour demander du feu, mais ne pose aucune question sur l’installation. Maggy m’explique qu’effectivement beaucoup de gens ne se formalisent pas de cette nouveauté dans le quartier. Que la veille elle installait sa tapisserie et que tous les passants avaient l’air de trouver ça normal, la police aussi. Maggy m’apprendra que quelques travailleurs de la construction étaient intrigués mais n’ont pas accepté de café parce que «celui du Tim est bein meilleur»… D’ailleurs, plusieurs passants auraient pris un verre pour emporter, mais les tasses de thé cerclées d’or d’Angleterre, fragiles et délicates, suggéraient plutôt une petite pause bien méritée.

J’écrirai par la suite à Maggy pour lui demander un bilan de sa journée. En tout, l’Abris-thé aura reçu une trentaine de visiteurs. Beaucoup s’étonnaient du lieu, certains croyaient à un nouveau concept de restauration. Elle me raconte aussi que plus tôt dans la journée, elle offrait thé ou café avec sa fille dans les bras, son copain étant parti pour quelques heures. Ceux qui répondaient oui se voyaient alors confier la petite le temps que la maman prépare le breuvage choisi. Un peu de chaleur humaine, quoi!

Avec ou sans bébé dans les bras, je prédis que Maggy saura toujours épater avec ses installations, comme autant de petits moteurs pour faire rouler l’humanité.

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~ par lucetg sur novembre 7, 2010.

Une Réponse to “Maggy Flynn et l’Abris-thé”

  1. […] a profité de la désertion des abri-bus dans les tronçons en réparation pour y installer un salon de thé. Pendant toute une journée, elle a offert gratuitement du thé, du café et une oreille attentive […]

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